Mouvement du Nid

20 janvier 2019

Trois quarts des Françaises et des Français soutiennent la loi et considèrent la prostitution comme une violence

Forte adhésion de la société française à la loi prostitution

Le Mouvement du Nid se réjouit du fort soutien de la société à la loi de 2016 que montre le sondage Ipsos publié dans Le Parisien.
Après la publication de 7 tribunes (voir ci-dessous) dans les médias, de médecins, de survivantes de la prostitution, de ministres, de parlementaires et associations féministes dans le cadre de la campagne #nabrogezpas, (plus d’un millier de signatures individuelles), ce soutien de la population à une loi progressiste qui ne demande qu’à être pleinement mis en œuvre est très bienvenu.

A la veille de l’audience au Conseil constitutionnel qui examinera une question prioritaire de constitutionnalité contre la pénalisation des « clients », c’est un signe clair envoyé par la société d’un refus de la marchandisation des êtres humains et des violences faites aux femmes.
Ainsi 78% répondent "c’est une bonne chose" à la question : « Depuis 2016, la loi interdit d’acheter un acte sexuel et sanctionne les clients de la prostitution, et non plus les personnes prostituées. Si elles souhaitent arrêter leur activité, ces dernières peuvent bénéficier d’un accompagnement social. Cette loi est-elle selon vous une bonne chose ou une mauvaise chose. Le taux est de 82 % chez les jeunes.

En outre, 74% des personnes interrogées considèrent que la prostitution est une violence, le taux est même de 80% chez les femmes. 71% considèrent qu’il ne devrait pas être possible d’acheter l’accès au corps et à la sexualité d’autrui.

Enfin, le Mouvement du Nid se réjouit que sur la pénalisation des « clients », lorsqu’on demande au Français s’ils sont opposés ou favorables à l’abrogation de la loi de 2016 et donc au fait que les clients qui ont recours à une prestation sexuelle tarifée ne soient plus sanctionnés, 71% répondent qu’ils sont contre l’abrogation, et même 75% chez les femmes.

Lire l’intégralité du sondage

Christine Blec, Présidente du Mouvement du Nid, se réjouit de ces résultats "qui montrent que le changement de société qui était l’ambition de cette loi a commencé. Nous espérons maintenant que ce choix du législateur, largement soutenu par la population, ne sera pas remis en cause par le Conseil constitutionnel. Si les Sages confirment la loi de 2016, alors nous pourrons continuer à tout faire pour que sa mise en œuvre soit la plus complète et large possible, et que d’ici quelques mois, ou quelques années, le nombre de victimes de la prostitution puisse enfin réellement diminuer ».

Pour Lorraine Questiaux, avocate, qui représentera l’association à l’audience mardi, « tout comme le mouvement #metoo l’a exprimé ces résultats révèlent que la société est en train de faire son autocritique et se libère progressivement de mensonges qui rendent possible la haine des femmes et un système d’exploitation des plus vulnérables ».
Claire Quidet, porte-parole du Mouvement du Nid, ajoute : « A l’inverse, si les sages abrogeaient, ce serait un signal catastrophique à envoyer aux jeunes, qui seraient encouragés à considérer les femmes comme des objets marchandisables, à l’opposé de tout ce pour quoi les mouvements féministes luttent depuis des années ».
Pour les survivantes de la prostitution, qui se sont exprimées ces derniers jours dans une tribune lue au square Louise Michel à Paris, « Une société qui déciderait d’œuvrer pour faciliter la vente du corps, donc d’êtres humains, ferait un pas en arrière après l’abolition de l’esclavage. Ne faisons pas marche arrière ! »


Tribunes parues à ce jour :

L’Obs : Une loi pour la dignité humaine

Le Monde : Dépénaliser serait une catastrophe

Le Parisien [Lettre au Premier ministre >http://www.leparisien.fr/faits-divers/prostitution-monsieur-le-premier-ministre-protegeons-notre-modele-abolitionniste-13-01-2019-7987608.php

Le Huffpost : Parce qu’il n’y a pas de prostitution heureuse, la loi doit continuer à la combattre

L’Humanité :A l’intersection du capitalisme, du racisme et du sexisme il y a la prostitution

Le JDD : « Nous ne voulons pas d’un droit d’abus sexuel » (édition papier du 20 janvier)

Prostitution et Société :Nous qui avons connu la prostitution et en sommes sorties, nous ne voulons pas que nos les « clients » soient impunis

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