Les risques les plus souvent pris en compte sont évidemment les maladies sexuellement transmissibles, tels que le sida.
Les politiques vis-à-vis de la prostitution, en matière de santé, se préoccupent généralement en premier lieu des "honnêtes pères de familles" - les clients -, et redoutent la propagation de maladies sexuellement transmissibles.
Ces mesures font des personnes prostituées des boucs émissaires.
Pourtant, toutes les enquêtes menées sur le sujet ont montré que les personnes prostituées ne sont pas les principaux agents contaminateurs de maladies vénériennes. Que penser en revanche des clients qui proposent de grosses sommes en échange de rapports non protégés ?
Le contrôle médical obligatoire des personnes prostituées - excluant les clients et les dédouanant donc de toute responsabilité - constitue un des piliers du système réglementariste. C’est une mesure profondément injuste et stigmatisante. Depuis le 25 novembre 1960, le "fichier sanitaire et social de la prostitution" a été supprimé en France.
Les dommages psychiques de la prostitution, quant à eux, sont considérables.
Ils sont pourtant le plus souvent sous-estimés, voire niés.
Une étude américaine réalisée dans 5 pays (USA, Zambie, Turquie, Afrique du Sud et Thaïlande) auprès de personnes prostituées [1] a montré la présence de troubles psychiques analogues à ceux diagnostiqués chez les vétérans de la guerre du Vietnam, chez 67% de ces personnes prostituées ; c’est "l’état de stress post-traumatique", induit par "les agressions et les violences vécues dans la situation prostitutionnelle ; la première de ces violences est de subir des rapports sexuels non désirés de manière répétitive", explique la médecin Judith Trinquart dans son article Conséquences psychiques et physiques de la prostitution.
La prostitution est en soi une atteinte à la santé physique, psychique et affective des personnes prostituées. Elle blesse profondément en touchant à l’intégrité de la personne.