Une législation prohibitionniste ne supprime pas la prostitution et ne fait que la repousser dans la clandestinité. Elle suppose une persécution inacceptable à l’encontre des personnes prostituées.
Le système réglementariste échoue également dans ses buts déclarés : maintenir la prostitution dans les normes considérées comme acceptables du moment. À titre d’exemple, la législation hollandaise dépénalisant le proxénétisme, a été mise en place en 2000 sous couvert de lutter contre la traite des êtres humains et la prostitution des mineurs. Or l’Organisation des droits de l’enfant d’Amsterdam estime “qu’il existe à présent plus de 15000 enfants (...) prostitués aux Pays-Bas, une augmentation de 11000 depuis 1996 ”.
Le régime abolitionniste, malgré le progrès qu’il représente, ne met fin ni à la réglementation de la prostitution, ni à son organisation.
Ces régimes sont tous le signe d’une démission de la société. On interdit, accepte, tolère, réglemente, pénalise, pour mieux refuser de prendre en compte ce qu’est réellement la prostitution, ce que sont ses causes et ses conséquences.
Sous des formes et en des lieux divers, ces trois systèmes manifestent le même mépris de la femme et de l’homme. Ils contribuent, chacun à leur manière, à perpétuer, au lieu de le supprimer, l’esclavage prostitutionnel.
Le temps est venu d’imaginer une quatrième réponse en œuvrant à la disparition de la prostitution.