Le rapport aux hommes des femmes prostituées est en général extrêmement complexe et souvent chargé de haine et de désir de vengeance. Les témoignages de personnes prostituées sont édifiants sur ces points : certaines d’entre elles n’ont pas de mots pour exprimer le dégoût - soigneusement dissimulé pendant la "passe" - que les clients leur inspirent. Leur image des hommes est à l’origine négative, ce que ne fait qu’aggraver l’exercice de la prostitution.
À San Francisco, où les clients de la prostitution encourrent une condamnation, une "survivante de la prostitution", Norma Hotaling, a mis en place une expérience originale, la "John School" [1] où les clients poursuivis peuvent s’inscrire pour éviter l’inculpation.
Dans la "John School", d’anciennes personnes prostituées leur révèlent l’envers du décor, et notamment le dégoût que leur inspiraient, à l’époque, les clients...
Quelques personnes prostituées, dans un souci de valorisation, revendiquent un rôle d’écoute et de conseil auprès des hommes clients ; on entend parfois parler de "thérapeutes sexuelles", épanchant la solitude et la prétendue misère affective et sexuelle des hommes.
Si la formule a le mérite de souligner que le fait d’être client n’a rien de banal mais est au contraire le symptôme de malaises profonds, on a du mal à comprendre comment le rapport prostitutionnel - rapide, tronqué, sous contrainte de l’argent - pourrait avoir le moindre effet "thérapeutique".