Là, il “monte” avec une jeune femme appelée Jenny et met de l’argent dans le parcmètre de la chambre qui décompte la demi-heure de passe. À cet instant Jenny craque et le supplie en larmes : “Je n’en peux plus, je ne sais même pas où je suis, je ne suis pas d’accord pour faire ça, aide-moi...”
Épouvanté, le jeune homme se met en quête d’une aide pour cette jeune femme qui l’a définitivement dissuadé d’être client. C’est ainsi qu’il contacte la délégation du Mouvement du Nid de l’Héraut, à Montpellier. Il constitue, depuis, un agent de prévention auprès de ses amis.
“Trois autres clients de ces maisons closes catalanes nous ont également alertés”, explique-t-on à Montpellier.
Des clients dont la réalité épouvantable de ces bordels ont dessillé les yeux : “Les personnes cloîtrées là-bas sont sous la coupe absolue des tenanciers. Dans le cas de Jenny, nous avons contacté une association espagnole, Via Teresita, qui a maladroitement alerté les autorités ; un policier s’est rendu au Madam’ s et Jenny a récité le discours maison, expliquant qu’elle se prostituait de son plein gré. Quelques jours plus tard, elle a disparu”.
La région où Jenny se trouvait, dont elle ignorait tout, c’est la Junquera, zone qui accueille d’importants trafics routiers et beaucoup de touristes français, venus acheter de l’alcool et du tabac moitié moins chers... et des femmes.
Rapide état des lieux : des proxénètes intouchables ; des personnes prostituées sans recours, craignant la police et coupées des associations d’aide aux victimes ; et enfin, la complicité des maires de la région avec les propriétaires des maisons closes, pourvoyeurs de fonds par le biais de la taxe professionnelle, aggrave encore l’abandon des victimes.
“La puissance du proxénétisme dans cette région rend le travail des bénévoles et des travailleurs sociaux dangereux et de plus en plus ardu. Il s’agit maintenant de construire, avec nos partenaires locaux, une réponse politique à la hauteur”, revendique, combative, la délégation de l’Héraut.