Morcelée, incohérente, contradictoire. Tel est, on le sait trop, la situation de l’Europe sur la question du système prostitutionnel. La France, qui, à partir de juillet 2008, préside pour six mois l’Union Européenne, peut-elle faire progresser la réflexion et poser audacieusement les bases d’une nouvelle norme éthique excluant la sexualité du champ du marché, mettre en œuvre une meilleure prise en charge de la sortie de la prostitution ? Le plaidoyer est urgent ; l’enjeu, de taille. L’Europe doit aujourd’hui refuser la prostitution dans son ensemble et non pas seulement la traite des êtres humains.
En effet, même si les lobby pro-prostitution sont très actifs pour orienter les législations en vue d’une reconnaissance de la prostitution comme emploi, des Etats, des organisations, et surtout des millions d’Européens refusent que le système prostitutionnel soit érigé en commerce recommandable.
Notre plaidoyer pour un monde sans prostitution n’est pas une démarche perdue d’avance. L’Europe a déjà montré qu’elle peut se rassembler sur des valeurs partagées de promotion des Droits Humains, d’égalité des hommes et des femmes, d’inaliénabilité du corps humain, de lutte contre les violences faites aux femmes.
Pour le Mouvement du Nid, la France peut durant sa présidence enclencher divers processus qui permettront de mettre la prostitution au centre d’une politique globale européenne :
pour construire l’égalité hommes-femmes
pour une démarche volontaire de respect de la dignité humaine et des droits humains
pour une reconnaissance claire de la prostitution comme une violence faite aux femmes
pour une coopération policière et judiciaire recentrée sur la lutte contre le proxénétisme
pour une prévention réelle et cohérente du clientélisme prostitutionnel
pour une meilleure prise en charge de la sortie de la prostitution
Le refus de la prostitution est un formidable engagement à prendre, digne de la construction européenne à laquelle nous croyons. Soyons-en les porte-parole !