La rapidité de traitement de l’information, de plus en plus exigée par les médias, conduit souvent à réaliser des sujets de façon superficielle et donc à privilégier les événements chocs : fermeture du Bois de Boulogne, affaires de proxénétisme, propositions de réouverture des maisons closes...
En outre, les réalités de la prostitution sont pour la plus part invisibles et donc insaisissables : qui parviendra à filmer les méthodes des proxénètes ou à faire témoigner des personnes menacées ?
Aborder les vrais enjeux reviendrait à remettre en cause le fonctionnement de nos sociétés. Pour l’instant, le vrai débat de fond se révèle difficile. Profondément, le sujet demeure tabou et fait peur. La prostitution représente trop le "refoulé" de la société pour être clairement mise en cause.
L’une des conséquences de cette insuffisance de débat et d’information est sans doute l’immobilisme de l’opinion publique face à la prostitution.
Les propositions de réouverture des maison closes - qui reviennent régulièrement en France - suscitent aujourd’hui de nombreuses réactions indignées et cela témoigne d’un changement dans les mentalités.
Cependant, la prostitution continue d’apparaître comme une "fatalité" voire une "tradition" aux yeux de beaucoup. Les clichés ont aussi la vie dure !
Il a fallu des décennies pour que l’opinion publique soit informée et prennent conscience des dangers liés à la toxicomanie.
Il faut espérer que de la même façon, l’information sur le système prostitutionnel fasse son chemin dans les esprits.