"L’esclavage des femmes et des enfants soumis à la prostitution est incompatible avec la dignité de la personne humaine et avec ses droits fondamentaux."
Résolution E/RES/1983/30 de l’ONU, 1993.
L’esclavage sexuel est l’un des esclavages majeurs de ce début de siècle. Il est significatif que l’essentiel du rapport produit par la Mission parlementaire sur les nouvelles formes de l’esclavage [1] porte sur la prostitution.
Les trafiquants édifient de véritables marchés aux femmes, par exemple dans les Balkans et dans certains pays de l’ex-URSS, qui égalent en horreur les pires heures de l’esclavage des Noirs : les femmes y sont jaugées nues, estimées en fonction de l’âge, des cicatrices, de la virginité, puis vendues aux enchères... Pour décourager toute rebellion, les victimes subissent souvent des viols à répétition et autres tortures.
Mais les formes d’esclavage ne concernent pas les seules victimes de traficants étrangers.
La prostitution présente en elle-même des analogies avec l’esclavage : appropriation de la personne comme d’une chose pour le bon plaisir de l’usager, et l’angoisse permanente qui en découle, la dépendance d’un maître pour un profit financier, le corps fractionné et vendu "à la pièce" en fonction de l’acte exigé.
Le 6 mars 1993, à Bruxelles, la Fédération Internationale de Droits de l’Homme a pris position contre toutes les formes d’exploitation sexuelle des êtres humains - parmi lesquelles la prostitution -, lors d’une conférence internationale intitulée "Commerce du sexe et droits humains".