La violence est indissociable de la prostitution, système qui recycle et produit de la violence. Alors que la seule violence habituellement dénoncée est celle qui affecte l’espace public, la violence invisible atteint dans la prostitution un niveau sans commune mesure avec les violences subies dans le reste du champ social.
Violence sexuelle institutionnalisée, la prostitution est un système qui fait de la personne prostituée un être de seconde zone, un objet de défoulement, le paiement conférant aux clients le droit à l’irresponsabilité.
Harcèlement, menaces, agressions, viols, rackets, meurtres font partie du paysage, et pas seulement dans la rue. Violence des clients, souvent considérés par les personnes prostituées comme des agresseurs potentiels, violence des mafieux, des proxénètes, des dealers, violences policières, violences sociales (mépris, insultes).
Violence, toujours passée sous silence, que constitue l’acte sexuel non désiré [1] ; auto-anesthésie pour "tenir", par le recours à l’alcool ou aux drogues ; conséquences dévastatrices sur la santé physique et psychique.
Banale dans le monde prostitutionnel, la violence fait souvent l’objet d’un déni : de la part de celles et ceux qui la subissent et qui en viennent à la considérer comme normale, comme de la part du corps social qui garde une immense "tolérance" pour le système prostitutionnel tout en prétendant lutter contre toutes les formes de violence.
Toutefois, la prise de conscience fait son chemin et la prostitution est désormais considérée comme une des violences faites aux femmes (Suède, France) et, par extension, aux êtres humains.