Suite à un viol doublé d’une tentative de meurtre, une jeune femme prostituée, Aileen Wuornos, tue son agresseur, plusieurs de ses clients, puis, de façon de plus en plus convulsive, tous les hommes qui l’approchent.
Aileen Wuornos est écartelée entre ses rêves d’évasion et la réalité ; entre ce qu’elle cherche dans la prostitution et ce qu’elle ne trouve pas : si elle se sent choisie, belle, elle découvre qu’elle n’en est guère estimée. Son histoire telle qu’elle la raconte se révèle un condensé de souffrances et de traumatismes : les viols répétés par un ami de son père, les violences de ce dernier quand elle cherche son réconfort, la mort de ses parents, la prostitution précoce pour gâter ses frères et sœur, leur rejet à cause de son état de prostituée... À la recherche d’un travail normal, confrontée à son manque d’expérience autant qu’à ses nerfs à fleur de peau, elle tente de surmonter ses pulsions de meurtre.
Quand vient le jour où elle tue, plus rien n’endigue la menace sourde qui pèse sur elle ; surtout pas la confiance qu’elle accorde à celle qu’elle aime mais qui lui demande de continuer à supporter l’insupportable. La crudité et le réalisme des situations, l’humanité du personnage interprété avec beaucoup de justesse par Charlize Théron font l’intérêt de ce film. Mais si la réalisatrice Patty ]enkins montre avec beaucoup de nuances ce parcours singulier, aucune once d’espoir ne vient l’adoucir. L’histoire se referme sans que le parcours d’Aileen ne lui ait présenté aucune possibilité de s’en sortir.