"À trop courir de sujets à la fois, on n’en prend aucun", telle pourrait être la "morale" de Mauvaise passe.
Pierre, la quarantaine, "bon père, bon mari, bon prof", en pleine remise en question, s’enfuit à Londres, avec le vague projet d’écrire un roman.
Sa rencontre avec Tom, beau gosse "bodybuildé", donne un sens à sa dérive : il sera gigolo ! Son charme "frenchy", sa culture lui permettront de figurer en bonne place dans le "catalogue des produits" proposés par "l’agence".
Dès lors, les clichés se succèdent, multipliant les cas de figure, de la superwoman à l’épouse délaissée en passant par le mari voyeur "qui vérifie toujours avant".
Sa "descente aux enfers" commence, enfers pavés de manoirs, soirées mondaines et cocaïne, pour la touche réaliste ! Le drame psychologique "tendance" vire à la description aseptisée d’un milieu où les "escorts" sont sains, sportifs et parlent business avec leur agent... pour sombrer dans le vaudeville par une happy end en forme d’apologie roublarde de la prostitution.
Faute de perspective clairement définie, de vraie connaissance du milieu qu’il prétend décrire, le film peut se voir comme le fantasme d’un réalisateur quadragénaire qui se rêverait gigolo et se réveillerait père de famille nombreuse dans un manoir normand !... Juste un mauvais moment à passer !
Muriel Lhermé