Mouvement du Nid

30 juin 2011

Lille : première réunion publique autour des 30 propositions du rapport parlementaire

A partir des 30 propositions faites par les parlementaires français en avril dernier, la délégation régionale du Mouvement du Nid dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie a organisé sa première réunion publique avec les habitants du Vieux-Lille le 30 juin 2011. Objectif : débattre pour comprendre et agir en tant que citoyen face au système prostitutionnel.

une action de la Délégation des Hauts-de-France

(connaître le rapport d’information de la mission parlementaire et ses 30 propositions : 30 propositions novatrices pour refonder les politiques publiques face au système prostitutionnel
avril 2011, par Comité de rédaction
)

Le Vieux-Lille, quartier lillois fortement touché par une prostitution de rue, est depuis plusieurs années le théâtre de vifs échanges entre les riverains, le procureur, la police, les associations et bien sûr les personnes prostituées. Les rencontres organisées par les pouvoirs publics (mairie, police, préfecture…) pour tenter d’expliquer les différentes mesures, souvent répressives, pour enrayer le phénomène se sont généralement soldées par des échecs. Face à la colère et au sentiment d’impuissance des riverains, réactions qui s’expliquent par les gênes provoquées par la prostitution dans leur quartier (préservatifs usagés, faits de violences, tapage nocturne…), le Mouvement du Nid a proposé un débat citoyen sur la question pour voir comment des habitants qui se réunissent et réfléchissent peuvent faire avancer les choses de manière positive. Ce jeudi 30 juin, au cœur même du quartier visé, une quarantaine de personnes avaient fait le déplacement.

Pendant deux heures, militants, associations, riverains ont pu échanger sur 6 des 30 propositions proposées par la Commission des lois de l’Assemblée Nationale. Si le départ de cette rencontre a d’abord été le théâtre de plaintes et de reproches parfois vifs envers les personnes prostituées, très vite les riverains ont compris l’intérêt de ce débat : « La vision politique à long terme est plus importante que de déplacer les problèmes ailleurs » a rétorqué l’un des riverains face au fatalisme d’un autre.

Aussi cette première rencontre a permis de mettre l’accent sur les clients. Les riverains ne se sont pas fait prier pour souligner son absence dans le débat public et se dire que s’attaquer à la demande est certainement une clé de la réussite de la lutte contre le système prostitutionnel.

Un seul regret, l’absence remarquée de représentants de la mairie, de la police, de la préfecture qui auraient pu profiter de cette occasion pour mieux comprendre les enjeux de la problématique prostitutionnelle. Convaincus de la nécessité d’une telle rencontre, tou-te-s ont pris rendez-vous en septembre pour poursuivre le débat et avancer dans cette réflexion citoyenne.

Quelques réflexions de riverains suite à cette première rencontre

« La loi est faite pour dire une règle. Nous devons aller voir nos maires pour leur dire de mettre ces propositions en route. A nous d’être dans une politique active : écoutons, allons voir les élus et boostons-les afin de faire force de loi. »

« Les riverains peuvent faire quelque chose de l’ordre de la sensibilisation. »

« Sensibiliser les clients, comme sensibiliser les forces de l’ordre. C’est important que ce soit fait. »

« Ce qu’il y a de nouveau (le proxénétisme, il y a de la répression) s’attaquer au client, le reste va découler. »

« Sur l’esprit de ces propositions, je me pose la question de comment on peut défendre les droits des personnes prostituées en sanctionnant le racolage passif. »

« Comment une femme pourra aller déposer plainte, si dans la journée la police l’a interpellée pour racolage : deux choses antinomiques. »

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