Plus largement, le marché de l’alcool et des drogues va de pair avec celui de la prostitution. Le nombre de bars, cabarets existant dans les quartiers de prostitution en témoigne largement, de même le système des entraîneuses, rémunérées à la bouteille, dont la tâche consiste d’abord à faire consommer le client avant de "monter".
Le lien entre drogue et prostitution s’exerce à double sens : les personnes confrontées à la dureté de la prostitution en viennent parfois à se droguer pour "tenir". On se prostitue rarement sans l’aide d’un stupéfiant - que ce soit l’alcool, la drogue ou les médicaments - tant il est difficile de mimer à froid, sans désir aucun, des gestes qui n’ont rien d’anodin.
D’autres, d’abord toxicomanes, en viennent à se prostituer pour trouver les sommes quotidiennes nécessaires à l’achat du produit. Il convient cependant de noter que tous les toxicomanes ne deviennent pas prostitués, quel que soit leur besoin d’argent. Se prostituer est en effet une démarche particulière. Le cumul de la toxicomanie et de la prostitution représente une escalade dans le processus de destruction et d’exclusion de la personne.
Si notre société accepte l’idée que la toxicomanie est le signe d’un mal-vivre, elle refuse pour le moment de comprendre qu’il en est de même pour la prostitution. Seul un malaise profond peut conduire à voir dans la toxicomanie ou la prostitution des "solutions" possibles.