On croise des demi-mondaines comme Blanche d’Antigny, l’une des inspiratrices de Zola pour le personnage de Nana, et beaucoup d’actrices, notamment Sarah Bernhardt. A travers le quotidien de ces femmes et leur représentation stéréotypée, se lit la présence envahissante de la police des mœurs.
Mais d’autres personnages apparaissent ici : des hommes.
Gabrielle Houbre montre que les registres policiers sont aussi destinés à alimenter des dossiers compromettants sur des personnalités du monde de la politique, de la diplomatie, de l’armée, du négoce et de la finance, de la haute fonction publique, des arts et spectacles, de la presse ...
On se demande d’ailleurs quel homme n’est pas à l’époque "client" des prostituées à voir la longue succession de noms de ministres, généraux, banquiers, hommes de lettres, artistes, industriels, princes et autres ducs.
Nul ne semble en réchapper, ni Napoléon III, ni Offenbach, ni Dumas fils. Une vision inhabituelle du Second Empire et des premières années de la Troisième République.
Claudine Legardinier