Nombre de clients n’appartiennent à aucune de ces catégories.
En matière de prostitution, il est bon de méditer cette phrase du psychiatre allemand Richard Krafft-Ebing (1840-1902) : "Si c’est nécessaire, c’est un bien. Si c’est un mal, il n’est pas nécessaire."
Il s’agit surtout d’un faux argument servant à dédouaner tous les clients. N’existe-t-il pas d’autres moyens pour les personnes ayant des difficultés à vivre leur sexualité que le piètre rapport prostitutionnel, où est précisément escamotée toute authentique rencontre avec l’autre ?
Pareille déception est-elle "nécessaire" ?
Le recours à la prostitution ne fait qu’aggraver les problèmes qu’il prétend résoudre. La prostitution est un exutoire fallacieux qui conduit les individus en souffrance à l’infliger à leur tour, et place la personne prostituée au terme de cette chaîne de détresse.
Si la prostitution est nécessaire, pourquoi ne pas prendre des mesures franches ? Et proposer, par exemple, comme on le fait pour l’armée, un service national prostitutionnel pour les jeunes femmes ?
Ceux qui clament la "nécessité" de la prostitution auraient-ils l’honnêteté de ne pas la réserver aux femmes et sœurs des autres ?