Principalement produite par des hommes et pour des hommes, la pornographie véhicule une philosophie de la sexualité et un mode de pensée qui abaissent la personne au niveau d’un objet dont la fonction est de satisfaire le désir de l’homme. Le partenaire sexuel est objet de domination, il est soumis à un pouvoir et à une violence.
La femme est le plus souvent montrée ligotée, bâillonnée, violée, et le pornographe entend "démontrer" que toute femme lui est semblable et qu’elle ne trouve de plaisir qu’humiliée et dominée.
Contrairement à l’érotisme qui accepte l’idée du respect de la réciprocité, la pornographie incite les personnes à développer ou intégrer des attitudes de domination ou de soumission. Présentée comme un exercice anodin de "liberté d’expression", elle répand une véritable idéologie du viol.
Une vieille maxime féministe résume lapidairement : "La pornographie, c’est la théorie ; le viol, c’est la pratique."
La prostitution est en quelque sorte la traduction pratique de ce que propose la pornographie dans l’ordre du fantasme.
D’ailleurs, nombreux sont les clients demandant la réalisation de choses vues dans les films pornographiques.
Suffirait-il de planter une caméra devant les victimes pour transformer l’exploitation sexuelle en œuvre cinématographique ?