En réalité, elle n’a ni mis fin à leur existence, ni entravé leur développement. En Algérie, les B.M.C. (Bordels Militaires de Campagne) ont légalement fonctionné jusqu’en 1960, date à laquelle la France a décidé de ratifier la Convention Internationale du 2 décembre 1949.
Les tenanciers ne se sont pas avoué vaincus. Ils ont alors multiplié les astuces pour contourner la loi, adressant aux autorités de déchirantes suppliques pour défendre "l’honnêteté" de leur petit commerce et les bienfaits rendus à la communauté.
Sous d’autres formes, les maisons closes ont subsisté. Des immeubles se sont transformés pour être loués ou vendus comme studios de prostitution. Les "hôtels de passe" se sont multipliés. Inventif, le proxénétisme a modernisé ses lieux - bois, voitures, bords de routes, salons de massage - et ses moyens de production - télématique et réseau Internet, téléphonie mobile, transports.
Reste que la France a franchi en 1946 un pas décisif.
Loin de remettre en cause cette loi, comme certains le préconisent, il faut exiger sa totale mise en application.