"La femme mondialisée" de la sociologue allemande Christa Wichterlich étudie précisément les effets de la mondialisation sur la vie des femmes, qu’il s’agisse des ouvrières du textile de l’ex-RDA, qui perdent leur emploi "au profit" de leurs homologues du Bengladesh, ou des Polonaises qui, pour un salaire dérisoire, s’occupent des grabataires dans les hospices allemands.
L’expansion du marché mondial a sur les femmes des effets divers. Parfois, elle leur offre la possibilité nouvelle de disposer d’un revenu personnel. Mais bien souvent, elle les condamne à faire les frais d’une incroyable compétition et à survivre durement au coeur d’économies et de structures sociales bouleversées.
Un chapitre est consacré aux "marchés aux corps", tableau édifiant de l’industrie internationale florissante qu’ont réussi à développer les marchands de femmes. Si Christa Wichterlich se fait l’écho des revendications des associations de prostituées réclamant de par le monde la légalisation de leur activité, elle indique que "la prostitution, c’est le choix de celles qui n’ont pas le choix" et rappelle en quoi l’industrie du sexe s’appuie sur les inégalités criantes qui séparent le Nord et le Sud.
Claudine Legardinier