La Fondation Scelles, membre de la Fédération Abolitionniste Internationale, a confié à Matiada Ngalikpima, juriste chargée de l’Antenne juridique de la Fondation depuis 1999, le soin de coordonner un ouvrage capable d’ancrer la question de l’exploitation sexuelle dans l’espace européen.
Présentant L’esclavage sexuel : un défi à l’Europe, son auteur témoigne d’une ambition pratique : « L’objectif de cette étude est de fournir un outil de travail permettant de mieux comprendre cette problématique à l’échelon européen, sur le plan de la criminologie et du droit ».
Une première partie présente les modus operandi des traficants, engagés dans une phase de “conquête de l’Europe”. Chaque pays européen, qu’il soit lieu d’origine, de transit ou de destination des personnes trafiquées est analysé du point de vue de ses spécificités législatives, policières et sociales.
À ce tableau pointu des modalités du trafic et de l’exploitation sexuelle, succède une analyse des actuelles politiques mises en oeuvre dans les pays européens. L’esclavage sexuel : un défi à l’Europe rend compte de l’influence du lobby réglementariste auprès des institutions européennes, notamment à travers un historique percutant de l’abandon progressif de toute référence à la Convention de 1949.
L’esclavage sexuel : un défi à l’Europe est un utile manuel pour se familiariser avec les enjeux de la lutte contre l’exploitation sexuelle ; son appareil cartographique et bibliographique, les nombreux exemples de cas concrets qui y sont décortiqués, la variété des sujets traités en font un ouvrage de référence. On regrettera peut-être une absence, le cas de la pornographie, jugée exploitation sexuelle exclusivement lorsqu’elle est pédophile.
Elise Guiraud