Cette affiche entre dans un projet centré sur l’anniversaire de la convention des Nations Unies du 2 décembre 1949 ratifiée par 74 pays. Cette convention porte notamment un message fort dès son introduction :
"… la prostitution et le mal qui l’accompagne, à savoir la traite des êtres humains en vue de la prostitution, sont incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine…"
C’est à partir de cette phrase que nous souhaitons, tout au long de l’année 2009, faire passer un maximum de messages pour que les mentalités puissent évoluer et que la prostitution ne soit plus considérée comme une activité comme une autre mais comme une violence faite aux femmes.
L’OBJET DE L’AFFICHE
La nostalgie de la femme soumise, un obstacle à la réalisation de l’égalité hommes/femmes !
Le schéma prostitutionnel maintient des idées que l’évolution du statut des femmes aurait dû faire disparaître : en gérant avec les personnes prostituées des demandes sexuelles qu’il pense, à tort ou à raison, ne pas pouvoir être acceptées par sa partenaire habituelle, le client reproduit l’ancestrale distinction entre la femme que l’on "respecte", la mère, et la "putain".
De plus, la logique de la pornographie qui aboutit à réduire la femme à un pur objet de valorisation mâle, la présente, selon Weizer-Lang, "comme consentante à la domination, à l’acte sexuel réduit à la pénétration. L’homme y est toujours présenté comme celui qui agit, qui maîtrise la relation."
Pour les clients des prostitué-e-s, le rapport prostitutionnel s’inscrit dans une logique similaire.
Aujourd’hui, beaucoup de femmes n’acceptent plus d’être dominées sexuellement par les hommes. Ceux qui ne sont pas capables de vivre ces changements, dans les rapports avec les femmes, trouvent dans la prostitution un monde où "l’ordre ancien est restitué". Souvent, dit Mansson "le besoin compulsif de faire appel à la prostitution peut être examiné à la lumière de cette perte de pouvoir relative".
Face à la demande prostitutionnelle, les enjeux sont d’importance : que les hommes - tous les hommes - reconnaissent enfin les femmes comme des égales, sur le plan social mais aussi sexuel, qu’ils leur reconnaissent des désirs, le même droit qu’eux au plaisir, la même place dans la société.