La prostitution, si prodigue en clichés, faisait en quelque sorte un sujet idéal. C’est ce qui a poussé Malika Nor, éducatrice spécialisée travaillant auprès de jeunes prostitué-e-s, à s’attaquer aux plus répandus d’entre eux. Faut-il encore les citer ? "C’est le plus vieux métier du monde" ; "C’est un mal nécessaire" ; "Les bordels garantissaient hygiène et sécurité" ; "Elles le font pour l’argent" ; "C’est un choix", pour ne prendre que quelques exemples.
Comment n’en conseillerions-nous pas la lecture à tous ceux qui soutiennent encore ces poncifs ? Ils devraient en sortir avec l’idée que le contrôle sanitaire des "maisons" est une garantie illusoire à plusieurs titres, que les pulsions sexuelles "irrépressibles" des clients n’en sont pas, mais que l’argument sert à légitimer leur comportement et bien plus à admettre socialement pour les hommes un droit à la polygamie ; que faire le commerce de son corps est "un acte aux conséquences physiques et psychologiques particulièrement destructrices" lié à des racines si profondes qu’on peut se demander où est le choix...
Souhaitons à cette entreprise contre les idées reçues, souvent fausses et dangereuses, de faire son chemin. Car nous le savons, même face aux réalités crues, prouvées, une partie de l’opinion préfère l’imaginaire, infiniment plus grisant... et nettement plus déculpabilisant.
Claudine Legardinier