Mouvement du Nid

COVID19 et prostitution

En 2 mois de confinement, le Mouvement du Nid a aidé en urgence près de 1 000 personnes, et établi 110 nouveaux contacts

Les personnes en situation de prostitution sont particulièrement touchées par la crise sanitaire que traverse notre planète avec la pandémie de COVID19. En France, deux mois de confinement ont mobilisé en urgence toutes nos délégations pour pouvoir assurer l’accès aux biens de première nécessité pour les personnes accompagnées.

Au Mouvement du Nid, nous remercions nos centaines de membres (bénévoles et salarié·es) qui ont redoublé d’énergie et d’inventivité pour trouver des solutions d’urgence. “Nous avons pu, en quelques semaines, apporter de l’aide à près de 1 000 personnes prostituées en difficulté. Distributions alimentaires ou de tickets services, hébergement d’urgence, soutien psychologique, maintien du lien social à distance”, explique Stéphanie Caradec, la directrice de l’association

Nous tenons à remercier la population pour sa générosité qui nous a permis pendant cette période de récolter plus de 12 000 euros de dons. "Nous remercions également la Fondation des femmes grâce à qui nous avons pu fournir de l’aide financière et matérielle aux personnes en situation très précaire, et leur proposer des hébergements d’urgence. Le partenariat se poursuit au moins jusque fin mai”, poursuit la directrice.

Par ailleurs, nous avons été contacté·es pendant cette période par au moins 110 personnes que nous ne connaissions pas auparavant. Beaucoup d’entre elles, ont manifesté pendant ces deux mois leur souhait de ne plus avoir à retourner dans la prostitution, et de pouvoir vivre de manière moins précaire.

Avec le début du déconfinement, et alors que notre association se prépare à accueillir à nouveau progressivement des personnes prostituées dans ses locaux, "il faut plus que jamais appliquer la loi du 13 avril 2016 pour pouvoir combattre la précarité et les violences qu’engendre le système prostitueur. Cette précarité et cette une mise en danger des victimes de la prostitution ont été révélées avec encore plus d’ampleur par la crise.", affirme Claire Quidet, Présidente de l’association.

Pour cette raison nous renouvelons avec fermeté nos demandes au Président de la République et au gouvernement français d’assurer à toutes les personnes précaires des ressources au niveau du seuil de pauvreté. Nous demandons pour elle à nouveau 3 garanties- droits et dignité : 

▶️ Un droit au séjour pour toutes

▶️ Une aide financière

▶️Un hébergement gratuit

Notre lettre ouverte au Président de la République, au Premier ministre, à la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa

Témoignages

Rhône : « Certaines nous disent qu’elles n’ont pas envie de retourner dans la prostitution quand le confinement sera terminé… L’une, qui a besoin d’un hébergement d’urgence, voudrait bien trouver une solution plus pérenne et arrêter. »

Nord : "Elles sont très déstabilisées, elles qui ont l’habitude d’être dans la rue. Une bonne moitié d’entre elles avaient déjà entamé des démarches de sortie de prostitution. Nous faisons en sorte de garder le lien, à Lille et dans d’autres villes de la région."

Hérault : "Une femme par exemple, a dû retourner vivre chez sa mère pendant le confinement. Elle était en parcours de sortie, en travail en alternance. Elle s’inquiète de l’isolement et de la suite."

Nos actions sur le terrain :

▶️ Rhône : le confinement déclencheur de la sortie de prostitution

 
▶️Eure-et-Loir : répondre à l’urgence et garder espoir

▶️ Paris : des besoins criants émergent

▶️ Loire-Atlantique : une nouvelle façon d’accompagner les personnes

▶️ Haute-Garonne : de très nombreux contacts téléphoniques

▶️ Hauts-de-France : mises à l’abri et distribution massive d’aide d’urgence

▶️ Hérault : un lien social indispensable

▶️Bouches-du-Rhône : accompagner, aider, rassurer

▶️ Bas-Rhin : multiples distributions d’aide

▶️ Martinique : aide massive

▶️ Haut-Rhin : le plus difficile, c’est l’isolement

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