Ce film nous fait partager la vie d’une adolescente (on sait seulement qu’elle "n’a pas l’âge de conduire une voiture...") dont la vie a basculé, à la suite d’un inceste, dans le monde de la prostitution où rien ne lui est épargné de la violence, de la peur, de l’enfermement quotidiens.
Partagée entre ses clients et son "protecteur", elle "galère" dans un univers sordide à côté d’autres jeunes filles sans défense qu’elle essaie d’aider : car elle est courageuse Stella, elle sait ce qu’est la solidarité aussi.
Oscillant entre la réalité insoutenable et ses rêves récurrents qui lui rappellent son enfance gâchée ; habitée, malgré tout, par une véritable rage de vivre ; ouverte à tout ce qui peut changer son existence misérable, Stella nous offre aussi le meilleur d’elle-même : sa foi en l’amour et en des jours meilleurs.
D’aucuns penseront qu’on a chargé le film de toutes les situations imaginables... c’est trop ! ça n’existe pas à ce point-là, voyons ! vous en faites un peu trop, Madame la réalisatrice !
Non, Coky Giedroyc n’exagère rien. Formée à l’école du documentaire et de la télévision, elle a déjà développé ce thème dans une série de courts métrages consacrés aux personnes sans abri.
Sa vision est juste, sensible, courageuse. Ses personnages nous prennent le cœur et l’âme pour longtemps ; jusqu’à nous interroger sur celui du "protecteur" au comportement paternaliste, omniprésent tout au long du film... jusqu’à nous tarabuster et nous empêcher de dormir !
Des Stella, nous en avons rencontré et nous en rencontrerons. Elles nous interpellent, nous dérangent, nous questionnent... laissons-nous faire !
Monique Guillemain