1903
Autorisation officielle du fonctionnement des "maisons de tolérance" sous le contrôle de la police.
Création du registre de police et de la carte délivrée aux personnes prostituées(Loi du 3 avril).
1906
Première manifestation de femmes prostituées qui se rebellent dans les "maisons de correction" à Cadillac, Rouen et Limoges, après le vote de la loi du 22 avril modifiant l’âge de la majorité pénale qui passe de 16 à 18 ans.
1912
Approbation, par la France de la Convention Internationale du 4 mai 1910 relative à la "Traite des Blanches" (Loi du 6 avril).
1913
Création à Paris, le 11l février, de la "Brigade des Mœurs" par la Direction de la Police Judiciaire.
1925
Un scandale à Strasbourg : des jeunes de 14 à 18 ans sont entraînés dans des "maisons de prostitution" lors d’une manifestation nationale de gymnastique les 30, 31 mai et 1er juin.
Le 30 juillet, le préfet du Bas-Rhin ferme les "maisons" dans le département.
1926
Création de l’UCTEH (Union Contre le Trafic des Êtres Humains), dans le cadre de la campagne abolitionniste portée par la féministe Marcelle Legrand-Falco.
1931
Les pionniers du mouvement abolitionniste font appel à la "Ligue Française pour la défense des Droits de l’Homme et du citoyen", qui prend position contre la réglementation de la prostitution. Elle adresse une lettre aux maires, les engageant à fermer les "maisons". Certains répondent à l’appel.
1935
Premier projet de loi visant la fermeture des "maison", présenté par Henri Sellier, ministre. Adopté par l’Assemblée nationale, le projet est rejeté par le Sénat.
1941
Les "maisons de tolérance" sont assimilées aux "spectacles de 3e catégorie" (Loi du 20 juillet).
1942
Les "maisons de tolérance" obtiennent leur rattachement au "Comité d’organisation professionnelle de l’industrie hôtelière" (Loi du 4 avril).
1945
Les tenanciers doivent participer à la reconstruction du pays en payant l’"impôt de solidarité national" (ordonnance du 15 août).
1946
Fermeture des "maisons closes". Renforcement de la lutte contre le proxénétisme. Création du délit de racolage. Disposition pour la "rééducation" des femmes prostituées.
Loi dite "Marthe Richard" du 13 avril 1946.
Création du fichier sanitaire et social de la prostitution et de la surveillance médicale des personnes prostituées (Loi du 24 avril).
Création de l’association "La Bienvenue".
À Besançon, une association, La Cordée, vient en aide aux femmes en difficulté, et notamment aux femmes prostituées. Elle disparaît en 1954.
1947
Première tentative de-réouverture des "maisons de tolérance".
1949
La France adhère à la Convention Internationale du 2 décembre 1949 pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui, mais ne la signe pas.
1952
Dans le cadre des "activités sociales" de l’entreprise Michelin, création de l’Association Nationale d’Entraide Féminine (ANEF), pour un accueil aux femmes en difficulté. Parmi elles, des personnes prostituées.
1953
La France adopte, le 14 mars, la Convention Européenne de Sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950.
1956
Création des Équipes d’Action contre la Traite des femmes et des enfants, future Équipes d’Action contre le Proxénétisme.
1958
Création par décret du 31 octobre de l’Office Central pour la Répression de la Traite des êtres humains (OCRTEH) dans le cadre du ministère de l’Intérieur.
Scandale des "Ballets roses" : des personnalités (dont Le Troquer, ministre, ancien président de l’Assemblée nationale) sont compromises dans une affaire de prostitution de mineures.
La cohabitation avec une femme prostituée devient un délit et le racolage une contravention (art. R40.1.1 du Code Pénal, Ordonnance du 2 décembre).
1960
La France ratifie la Convention Internationale du 2 décembre 1949 et modifie sa législation.
En particulier : intensification de la répression du proxénétisme, création de la contravention dite "racolage passif" (art. R34.13 du Code Pénal) ; suppression du fichier sanitaire et social de la prostitution et de la surveillance médicale des personnes prostituées ; prévention et réinsertion des personnes prostituées (Lois des 28 et 30 juillet. Ordonnances, décrets, circulaires des 25 et 26 novembre).
1961
Première émission télévisée sur la prostitution en février avec la participation de personnalités, parmi lesquelles André-Marie Talvas, fondateur du Nid, et de personnes ayant quitté la prostitution.
En application d’une circulaire du 17 février émanant du Ministère de la Santé publique et de la Population, création de l’Association d’action et de réadaptation sociale en faveur des personnes en danger de prostitution ou s’y livrant. Dénommée aujourd’hui Association Nationale de Réadaptation Sociale (A.N.R.S.).
À Nice, l’Œuvre du patronage des enfants abandonnés ou traduits en justice et d’assistance aux détenus et libérés des Alpes-Maritimes devient Accueil-Loisirs-Culture, appellé de nos jours Accompagnement - Lieu d’accueil - Carrefour Éducatif et Social (A.L.C.).
1963
Création de l’Association Régionale de Réadaptation Sociale venant en aide aux mineur(e)s prostitué(e)s.
1964
À Paris, un employé d’un bar de strip-tease met au défi le curé d’une paroisse de Montmartre, l’abbé Conan, de trouver une forme originale de présence dans le milieu prostitutionnel. L’abbé crée l’association Silöé ; un bar-restaurant ouvre à Pigalle.
1969
Naissance de la "rumeur d’Orléans" : C’est l’une des plus anciennes "légendes urbaines". Le bruit court que des femmes disparaissent dans des magasins de prêt à porter ; ces enlèvements alimenteraient un réseau de "traite des blanches".
Drogue, prostitution, problèmes du monde carcéral... suscitent à Dijon la création du Mouvement le Cri.
1970
Proposition de réouverture des maisons closes - dénommées "cliniques sexuelles", lancée par le docteur Claude Peyret, député UDR de la Vienne, et Jacques Médecin, député PDM, maire de Nice.
1972
"L’affaire de Lyon". Un réseau de proxénétisme au restaurant "Les Ecuries du Roy" est mis à jour, rappellant une affaire semblable au "Fetisch Club" de Neuville-sur-Ain, découverte en 1968. Les commissaires Tonnot et Javilley sont compromis.
Proposition, en août, d’ouvrir des "Eros Center", par Marthe Richard, Kurth Köhls, un promoteur allemand et Jacqueline Trappler, qui se prostituait à Mulhouse.
Début de la fiscalisation des revenus des personnes prostituées.
1975
Année internationale de la Femme.
Intensification de la répression du proxénétisme (Lois des 9 avril et 11 juillet). Émission télévisée des Dossiers de l’écran avec "Ulla". Pour la première fois, participation à visage découvert de femmes prostituées.
Fermeture à Paris du service "Saint Lazare" où les femmes prostituées étaient conduites après les rafles par la police. Revendications, manifestations des personnes prostituées. Occupation des églises dans plusieurs villes de France.
Nomination, par Valéry Giscard d’Estaing, Président de la République, d’un "Monsieur Prostitution", Guy Pinot, Premier magistrat de la Cour d’appel de Versailles. Le rapport qu’il rédige n’est pas publié.
Un vaste réseau de proxénétisme est découvert à Paris : sa responsable, "Madame Claude", devient une célébrité.
À Marseille, pour défendre "la liberté et la dignité des femmes prostituées", des hôteliers qui se sont enrichis dans les quartiers de prostitution créent une association nommée Association de soutien des commerçants de Marseille.
1978
Proposition de réouverture des "maisons" présentée en décembre par Joël le Tac, député du 15e arrondissement de Paris.
1979
Le décès d’une personne prostituée fait découvrir un réseau de prostitution sur des chantiers, entre Lyon et Grenoble. C’est le point de départ d’un retentissant procès.
1981
À Paris, Agnès Laury crée avec le concours de l’association Droits de l’Homme et Solidarité un numéro d’urgence et d’écoute destiné aux personnes prostituées. Cette initiative est abandonnée au bout de quelques mois.
Création de l’association Aux Captifs la Libération.
1986
Création de l’association Altaïr, qui organise ses activités dans les secteurs de la prévention et de la réinsertion en direction de la prostitution masculine.
Création de l’Association Contre la Prostitution Enfantine (ACPE).
1990
Publication de l’enquête "Recherche Action Sida Prostitution" réalisée par l’Agence Française de Lutte contre le SIDA, avec la participation de femmes prostituées.
Projet de réouverture des "maisons" présenté par Michèle Barzac, médecin, ministre de la Santé.
1991
Création dans le cadre de la lutte contre le SIDA du Bus des Femmes, qui circule dans les quartiers de prostitution de Paris.
1992
Création de la Fondation Scelles contre "le nouvel esclavage de l’exploitation sexuelle".
1994
Réforme du Code Pénal : suppression de la pénalisation pour cohabitation avec une personne prostituée. Des faits de proxénétisme peuvent être qualifiés de crime.
Suppression de la pénalisation pour "racolage passif". Depuis, cette disposition a été rétablie par la Loi Sécurité Intérieure en 2002.
2000
À la suite du meurtre de Ginka, une bulgare âgée de 19 ans qui se prostituait sur le boulevard des Maréchaux, et dont le cadavre a été retrouvé dans un terrain vague, une vague d’indignation porte sur le devant de la scène les "réseaux de l’Est".
À l’UNESCO, un colloque, "Peuple de l’abîme", fait le point sur les politiques à mener face au système prostitutionnel. À l’issue de ce colloque, des associations se regroupent au sein d’un collectif dénommé Ensemble pour combattre l’exploitation sexuelle.