L’auteur de La mondialisation des industries du sexe (copieux et passionnant livre paru en 2004) tente là un pari : couvrir la question de la prostitution, ou plutôt du « système proxénète », dans un texte concis qui tient dans la poche, en proposant, de manière concrète, une série de mesures à mettre en place à court et à moyen terme.
Une occasion de procéder à un bel argumentaire abolitionniste en remettant en perspective l’histoire et le présent : l’histoire, d’abord, qui resitue la question dans un contexte, comme tout autre fait social, et non dans la fatalité d’un prétendu « plus vieux métier du monde » ; le présent, où l’auteur établit tous les liens entre prostitution, mondialisation et libéralisme, et montre que le système proxénète repose sur une discrimination de sexe, de classe et de race.
Reste alors à tracer les contours d’un avenir où un nouvel abolitionnisme, repensé et cohérent, permettrait une véritable action politique.
Citant l’abolition de l’esclavage, qui a pourtant constitué un fondement des économies occidentales pendant quatre cents ans, l’auteur juge et démontre qu’il est « réaliste de croire qu’on puisse abolir le système prostitutionnel ».
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Claudine Legardinier