Pourquoi ? / Le constat : mieux vaut prévenir...
JEUNES EN GALÈRE De nombreux acteurs sociaux constatent qu’un nombre grandissant de jeunes filles et de jeunes garçons pensent trouver dans la prostitution une solution à leurs problèmes. Difficilement repérable et mesurable, cette prostitution des jeunes se pratique en marge des réseaux classiques. L’entrée dans l’engrenage de la prostitution semble s’effectuer sans préméditation, par différents mécanismes progressifs dont les jeunes n’ont pas forcément conscience.
Des situations de fragilité sociale et affective, de marginalité, parfois aggravées par la précarité sociale et économique ou des violences subies peuvent pousser dans l’errance, la « galère » : la prostitution, au même titre que la toxicomanie, est une conduite à risques à laquelle les jeunes sont exposés.
L’ÉGALITÉ, ÇA S’APPREND ! Nous jugeons fondamental que soit placée au centre des politiques éducatives, et dès le plus jeune âge, la lutte contre le sexisme, les violences sexistes et sexuelles, et les rôles stéréotypés imposés aux filles et aux garçons.
L’éducation sexuelle dispensée est souvent indigente ; la prévention des IST doit être renforcée, de même que l’information sur la contraception, et ce volet préventif doit être complété par l’éducation à la vie affective et au respect entre les sexes, à l’affirmation de soi. Par ailleurs, les établissements scolaires devraient mettre en place des dispositifs, avec l’aide des associations spécialisées, pour améliorer le repérage et l’accompagnement face aux violences sexuelles, y compris le risque prostitutionnel.
TÉMOIGNAGE / PAROLE D’EXPERTeS
Philippe Brenot, anthropologue [1]
« J’accuse notre société de ne pas donner d’éducation à la sexualité mais surtout de ne pas faire d’éducation à la compréhension de ce qu’est le sexuel, ce que sont les étapes du sexuel. »
Pierre Olive-Esséric, psychiatre [2]
« Chez l’humain, il y a un apprentissage de la sexualité. Pour établir une relation harmonieuse avec l’autre, il faut avoir appris. Or, bien souvent, les hommes n’ont pas les clés, ils n’ont pas appris. Ils n’ont de la sexualité que la dimension masturbatoire et ignorent tout de la sexualité relationnelle, tournée vers l’autre (…)
La prostituée est vécue comme une personne à qui l’on peut s’adresser facilement au lieu de faire une démarche beaucoup plus difficile vers la femme, qui est vécue comme une extra-terrestre dont on ne connaît ni le langage ni les codes. »
UNE MESURE IMMÉDIATE
L’Éducation nationale doit proposer des outils de prévention du risque prostitutionnel en concertation avec les associations spécialisées.