En luttant contre le système prostitutionnel, le Mouvement du Nid – France milite en faveur des droits des femmes à obtenir :
une sexualité libérée de toute forme de contraintes, où les choix propres à chaque individu peuvent se réaliser sans être niés par les stérétoypes sexistes, la violence ou la contrainte économique ;
leur autonomie financière dans l’exercice d’un emploi digne et justement rétribué, à l’opposé des sous-emplois inspirés par la banalisation de la prostitution, comme l’actualité nous en donne des exemples fréquents ;
leur droit à vivre en toute sécurité, alors que la persistance du système prostitutionnel entérine la mise à disposition du corps et de la sexualité des femmes, au bénéfice des hommes, contre un "dédommagement" financier. Ainsi que le résumait la féministe et survivante de la prostitution Andrea Dworkin : Les hommes sont-ils ou non propriétaires des femmes ? Si les hommes peuvent acheter et vendre des femmes au coin des rues, alors oui, les hommes sont propriétaires des femmes
.
L’abolition du système prostitutionnel, telle que nous la prônons, ne signifie pas la disparition immédiate de ce système, mais bien l’engagement politique d’une société à prendre toutes les mesures permettant d’y mettre fin. Dans cet objectif, le Mouvement du Nid – France et 17 associations féministes françaises portent dix recommandations abolitionnistes, que nous vous invitons à découvrir.
Nous revendiquons la décriminalisation des personnes prostituées, la pénalisation des « clients » prostitueurs, le renforcement de la lutte contre le proxénétisme et l’indemnisation de ses victimes, et un renforcement considérable des politiques de prévention des violences sexistes et d’éducation à l’égalité femmes-hommes à destination du grand public, et particulièrement des plus jeunes.
Nous souhaitons à toutes celles et ceux qui sont engagé•e•s, comme nous, pour une société offrant l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, un excellent 8 mars porteur de progrès et d’espoir. De nombreuses initiatives vous donneront l’occasion de rencontrer nos militant•e•s, telles que celles annoncées sur notre site :
8 mars 2011, Le Mans : le partage égalitaire des pouvoirs, un atout pour notre société
8 mars 2011 : À l’Orientoscope de Mulhouse, l’égalité à l’honneur
8 mars 2011, Tours : Journée internationale des Femmes, et si ce n’était pas du cinéma ?
À Castebany (Hérault), ciné-débat le 7 mars 2011
8 mars 2011, Strasbourg : Des rencontres conviviales sous le signe de la lutte pour les droits des femmes !
Rendez-vous aussi sur le site de l’association Osez le féminisme, qui liste un programme plus complet des initiatives du 8 mars en France.
Nos fondamentaux abolitionnistes
1. Supprimer toute mesure répressive à l’encontre des personnes prostituées.
Nous demandons la suppression de toute mesure répressive envers les personnes prostituées et notamment, l’abrogation du délit de racolage. Les personnes prostituées ne doivent plus être traitées comme des coupables, mais bien comme des victimes du système prostitutionnel, avec les droits que cela suppose : comme toute victime de violence, elles doivent obtenir protection (par exemple un titre de séjour sans condition de dénonciation des proxénètes), et un soutien pour mettre fin à la violence, autrement dit, des alternatives crédibles pour quitter la prostitution, pour celles qui le souhaitent – la grande majorité d’entre elles.
2. Empêcher les « clients » prostitueurs de nuire, en interdisant l’achat de tout acte sexuel et en menant des campagnes de prévention.
L’achat d’un acte sexuel constitue une violence faite aux femmes. Nous savons également que les personnes prostituées dénoncent les « clients » comme les premiers auteurs des autres formes de violence qu’elles rencontrent : coups, injures, agressions diverses... À l’image du « modèle nordique » inauguré avec succès en Suède depuis 1999, nous demandons que le fait d’acheter un acte sexuel soit interdit par la loi, une mesure qui doit impérativement s’accompagner d’ambitieuses campagnes de prévention et d’éducation à l’égalité et à la sexualité, de lutte contre les violences faites aux femmes.
3. Renforcer la lutte contre le proxénétisme et indemniser ses victimes.
Face au développement de « l’industrie du sexe » et à la promotion incessante, malgré son échec patent, du modèle réglementariste (Allemagne, Pays-Bas...) qui fait du proxénète un banal patron d’entreprise, nous demandons un renforcement de la pénalisation du proxénétisme passant par une réelle application des lois existantes, et l’amendement de l’article 706-3 du code de procédure pénale afin d’inclure le proxénétisme dans la liste des crimes ouvrant droit à une indemnisation.
4. Auprès du grand public et des jeunes, promouvoir des relations hommes-femmes égalitaires et débarrassées de l’exploitation.
Nous demandons des politiques de prévention fondée sur l’égalité entre les filles et les garçons, une éducation à la sexualité sans tabous et respectueuse du désir de l’autre, afin de promouvoir un modèle égalitaire, où la violence et la marchandisation sont exclues de la sexualité, de manière à franchir une nouvelle étape vers l’émancipation des femmes et le renforcement de l’égalité entre les sexes.
En acte : nos dix recommandations !