Pourquoi ? / Le constat : faciliter la sortie de la prostitution
INNOVER La pensée commune ne cesse de chercher des moyens d’aménager la prostitution en partant du principe qu’il s’agit d’une fatalité. Pourquoi ne commence-t-on pas à réfléchir de manière totalement novatrice en affirmant l’idée d’un droit à ne pas être prostitué-e ? En 2010, le numéro vert 3919 a été ouvert à l’ensemble des violences, dont la prostitution. C’est un premier pas vers une réponse publique concertée, qui s’attaquera à la prostitution comme aux autres violences sexistes (voir notre proposition numéro 7 : 7/ Renforcer les moyens des services publics et des associations).
SOUTENIR Aujourd’hui, chaque personne désirant échapper à la violence du système prostitutionnel se prête à un véritable parcours de la combattante. Elle doit se confronter à de nombreux interlocuteurs pour faire reconnaître ses droits et – peut-être – obtenir de l’aide : accès à un travail, à un logement décent, protection face à un conjoint, garde des enfants... Des discriminations viennent parfois compliquer ce marathon, dans le cas des personnes transgenres ou des victimes de la traite (voir notre proposition numéro 6 : 6/ Octroyer, sans condition de dénonciation, un titre de séjour aux victimes de la traite).
RÉPARER L’étape suivante doit viser à desserrer l’étau financier : en attendant que les personnes prostituées obtiennent enfin réparation des violences qu’elles ont subies (voir notre proposition numéro 8 : 8/ Le proxénétisme est un crime : ses victimes doivent être indemnisées), nous militons pour que cesse l’imposition de leurs revenus : outre qu’elle constitue une forme d’aval des pouvoirs publics à la prostitution, cette pénalisation financière arbitraire est un obstacle – écrasant – qui parfois tue dans l’œuf les démarches entreprises pour quitter la prostitution.
TÉMOIGNAGE / PAROLE D’EXPERTeS
Fiona [1]
« En France les prostituées paient des impôts. Et les PV vont dans les caisses. Pourquoi l’État irait-il dénoncer la prostitution ? »
Alicia [2]
« A la fin de l’année, j’arrête. Ma fille va commencer à travailler, elle va m’aider. Je vais me remettre au RMI. Mais à 52 ans, on va m’embaucher où ?
Je ne me sens pas protégée, par personne... »
Valérie (témoignage non publié)
« Pour l’instant, je vis avec 540€ par mois. Je mets ma môme dans la misère. La précarité, je connais. Heureusement, on m’a aidée : des copains, le Mouvement du Nid pour payer les factures et remplir le caddie (...)
Quelqu’un qui a fait de la prison, on lui donne sa chance, on essaie de le réinsérer, mais, moi, qu’est-ce que j’ai commis ?
Au contraire, j’ai rendu service à tous ces messieurs non ? »
UNE MESURE IMMÉDIATE
Cesser d’imposer les personnes prostituées et de les soumettre à l’URSSAF.