Pourquoi ? / Le constat : se montrer conséquent
UNE AVANCÉE La France vient de faire de la lutte contre les violences faites aux femmes sa « Grande cause nationale 2010 [1] ». En cohérence avec les grands textes internationaux [2] [ comme la convention CEDAW des Nations Unies (Convention pour l’élimination de toutes les discriminations contre les femmes), la prostitution figure au nombre des violences à combattre.
ET MAINTENANT ? En tant que violence, la prostitution ne doit pas être « aménagée », mais combattue, à travers la pénalisation des agresseurs : soit, le proxénète, mais aussi les « clients », qui, outre qu’ils sont statistiquement les auteurs de la majorité des agressions subies par les personnes prostituées, sont avant tout ceux pour qui le marché prostitutionnel est organisé : si des femmes sont battues, violées, harcelées, désespérées, humiliées... de manière à fournir « l’offre » du système prostitutionnel, c’est bien parce que des hommes sont encore prêts à « payer pour ça ».
Aucune politique de prévention de la prostitution, et a fortiori de lutte contre les trafics, ne peut faire l’économie de la mise en cause du « client » prostitueur. Et parce qu’une mise en cause modérée, ambigüe, n’aboutirait qu’à brouiller le message et à légitimer certaines formes de prostitution, nous choisissons aujourd’hui d’inclure la pénalisation des « prostitueurs » dans l’ensemble des mesures nécessaires à l’abolition du système prostitutionnel.
TÉMOIGNAGE / PAROLE D’EXPERTeS..
Éliane, ex-compagne d’un homme prostitueur [3]
« Pour moi, il y a urgence. Je suis convaincue qu’il faut passer par une loi d’interdiction. Car dans l’argumentation de ces hommes, revient toujours la phrase : “de toute façon ce n’est pas interdit”. Puisqu’il est impossible de faire la différence entre prostitution “libre” et réseaux, le doute même impose une interdiction : principe de précaution. L’État ne peut pas cautionner cela. »
UNE MESURE IMMÉDIATE
Réunion d’un groupe de travail parlementaire chargé d’étudier les formes les plus adaptées pour la pénalisation des « clients » prostitueurs, en s’inspirant des modèles suédois (1998), islandais et norvégiens (2009). La finalité du travail : la pénalisation des prostitueurs, doit être clairement affirmée dès le début de la réflexion.
PÉNALISATION DES PROSTITUEURS : UN MODÈLE TESTÉ ET APPROUVÉ PAR DE PLUS EN PLUS DE PAYS...
À lire également sur notre site Prostitutionetsociété.fr :
Après la Suède, la Norvège punit les « clients » prostitueurs
L’Islande pénalise les "clients"
Vers une pénalisation du client au Royaume-Uni ?
Suède : bilan positif pour la loi qui pénalise les "clients" prostitueurs
Angleterre : des syndicalistes entrent en lutte contre la prostitution